Céline arrive : janvier 1977
Denis et moi sommes depuis trois mois Rue St Désiré, dans notre vilaine chambre mais comme nous allons avoir un bébé, nous nous apprêtons à déménager.
J'ai trouvé une petite maison au n° 5 de la rue du Midi. Une jolie petite maison partagée en deux appartements. Denis et moi allons occuper celui qui donne sur la cour, alors que celui qui est côté rue sera attribué à la fille du propriétaire qui lui, habite la maison voisine.
Nous trouvons l'appartement superbe, vu d'où l'on arrive. La porte d'entrée donne sur un long couloir qui dessert successivement à droite le salon-salle à manger, puis la cuisine et enfin la chambre. Au fond les toilettes et la salle de bain. C'est le luxe d'autant plus que la chambre est agrandie d'une alcôve où on pourra mettre notre petit.
Je trouve bien que le salon a un drôle de carrelage, une horreur à vrai dire : blanc cassé avec un genre de fer à cheval vert qui entoure la pièce. Quel goût !
Quant à la cuisine, elle ressemble plus à un couloir qu'à autre chose et cette fenêtre très haute au- dessus de l'évier, tu parles d'un pratique. Avec mon gros ventre, je ne peux même pas l'ouvrir.
Et j'en ai un peu marre d'être enceinte. On dirait une baleine. Denis est adorable ; souvent il me caresse le ventre et il me dit : " tu crois que ça va être quoi ? " Pour moi pas de doute, cela sera Anthony. Je lui ai déjà acheté une petite grenouillère bleu marine que j'ai pendue à la fenêtre de notre chambre et j'ai même tricoté des brassières : une bleue, une jaune pâle, une blanche et une rouge. Quand nous allons nous coucher, nous la regardons , cette petite chose pendue, et nous sommes tout contents. Pépé Julien a acheté le landau. Il est magnifique, beige et marron. Il attend notre petit dans l'alcôve. J'aimerais que ça arrive vite, car j'ai des lumbagos à répétitions depuis quatre mois et suis plus souvent tordue que droite. En plus je vais au boulot tous les jours à pied. Ce n'est pas très loin mais ça monte à pic la rue que l'on prend à droite du pont de Mornay et qui arrive au village neuf où j'habite. Je suis exténuée quand j'arrive enfin et pas question de prendre mon congé maternité maintenant, je me garde les jours pour après avec mon bébé. Et ce toubib qui ne respecte rien. J'ai eu ma dernière visite à 23 heures ; Denis a même eu le droit de regarder le foot à la télé dans une chambre inoccupée. Je n'en pouvais plus.
9 février 1977 : Aujourd’hui, j'ai 20 ans. Ma sœur Chantal et ma mère passent à la maison en allant faire les courses en ville. Je suis toute fière de leur montrer comme on est bien installé. J'ai acheté un bouquet de fleurs séchées, que je trouve magnifique et Denis a transformé un lit de camp en fauteuil, le seul que nous ayons. Il faut dire que nous n'avons pas beaucoup d'argent. Denis est agent d'assurance aux AGF depuis fin octobre et moi, j'ai le SMIG en tant que normalienne. En plus, il a fallu acheter plein de trucs pour le bébé. On n'est pas riche mais on est heureux
Elles m'offrent pour mon anniversaire un vase gris en grès. Il est beau ce vase, mais je suis déçue. Je n'ai que vingt ans, alors les vases !!!!!
Dimanche 27 février : Il fait froid. Hier matin encore je suis allée à l'école normale mais je ne peux plus boutonner ni mon manteau, ni mes bottes. J'ai eu froid. Aujourd’hui, il fait un temps superbe et je décide d'accompagner Denis au terrain de foot de Fletterans où joue Jean-Yves, mon beau -frère. Il doit faire une température nettement en dessous de zéro, car je frissonne, mais je me sens bien avec mon mari, qui semble très attentif à sa grosse épouse. Il me tient par la main et m'embrasse fréquemment.
Ce soir, nous rentrons à la maison, plus amoureux que jamais et nous nous installons au salon pour regarder la télé, mais je ne m'y attarde pas ; je me sens extrêmement fatiguée et j'ai mal aux reins. Je pars me coucher seule. Denis regarde le film.
Vingt deux heures : je me relève, j'ai vraiment mal aux reins et ai du mal de rester au lit mais je ne suis pas mieux debout et repars donc me coucher.
Vingt deux heures trente, j'appelle Denis. Il ne m'entend pas. Je me lève donc à nouveau et cette fois lui demande de m'emmener à la clinique. J'ai trop mal au dos, ce n'est pas normal.
J'emmène la valise avec moi ou plus exactement Denis porte la valise à la voiture car je suis courbée en deux, tant j'ai mal . Et nous partons. Je trouve le voyage fort long, et me tords dans tous les sens, alors que nous n'avons que la vile à traverser et que nous ne rencontrons pratiquement pas de voitures.
Vingt trois heures : Enfin prise en charge à la clinique La Ferté. Le sage – femme annonce à Denis que je vais rester en observation et qu'il peut donc rentrer chez nous. Elle me fait une piqûre de je ne sais quoi en me disant que je fais sans doute de l'infection urinaire, et me donne des médicaments. Peu de temps après, je dors dans une chambre, pas loin d'elle.
Dix heures du matin : réveil avec un horrible mal de dos. Je sonne . La sage – femme a changé. Elle m'examine et là me dit : « Vite en salle d'accouchement, j'appelle le médecin. » Elle m'aide à monter sur une table peu large et me met les pieds dans les étriers. J'ai toujours mal aux reins , pire que jamais .
Il est dix heures quinze. Le médecin arrive et Céline aussi.
Trois contractions en tout et pour tout et voici mon bébé. Ah ! Ça, ce n'est pas un garçon, mais qu'est ce que je m'en fiche. Je ne l'aperçois que quelques secondes, en passant mais je la trouve magnifique. On me demande son prénom. Bien embêtée!On n'a pas arrêté le choix pour une fille, juste envisagé celui de Céline, alors j'annonce : « Ce sera Céline »
Une chose me contrarie fort. Je ne peux pas prévenir Denis, il est à un entretien d'embauche pour une place de comptable.
J'attends qu'il arrive avec impatience. Dès qu'il passe le seuil de la porte, avec son « salut » suivi de « je suis pris » je réponds « et en plus, tu es papa, Céline est arrivée ! » Il en est tout retourné, veut la voir tout de suite mais il va devoir attendre quinze heures pour qu'enfin notre fille nous soit confiée. Elle arrive dans un petit berceau de la maternité, toute emmaillotée. Il n'y a que la tête qui dépasse de tout ce paquet de langes. On dirait une momie, mais une bien jolie momie. Elle a les yeux fermés et quand elle pleure, on dirait un chat. Un tout petit miaulement, pas vigoureux du tout. Son père et moi la regardons, sans arrêt, tout bêtes. Lui bave déjà d'admiration et moi, je me sens bizarre. Une grosse bouffée de bonheur !
Les jours qui suivent se ressemblent tous. La famille défile voir la petite nouvelle. Mon père dit en la voyant : « hou ! Y 'll est brav ! » Je suis très fière. Elle a un superbe teint mat, une petite jaunisse m'a t'on dit. Chantal apporte un cache- brassière vert clair avec des minuscules collants, Monique une jolie robe blanc cassé avec une cravate et plein d'autres cadeaux. Même Michel Meusienne, le frère de ma copine Béa arrive avec un énorme bouquet de roses rouges ; il doit ignorer le langage des fleurs..
Enfin le dernier jour de maternité! J'ai essayé d'allaiter mais ça s'est mal passé. Crevasses immédiates ! Tout arrêté ! Je dois attendre que Denis sorte du travail pour rentrer chez nous. Céline a faim, mais on ne nous donne rien ; Nous devrions déjà être parties et nous attendons dans un couloir du sous – sol de la clinique.
Habillée de la petite grenouillère bleue et emmitouflée dans un nid d'ange, elle se manifeste bruyamment. Les miaulements du premier jour ont fortement gagné en intensité et en puissance . Son père arrive au pas de course, peut être pour la première fois de sa vie, car Denis est un nonchalant. Nous devons encore passer à la pharmacie prendre le nécessaire et Céline pleure toujours. C'est avec soulagement que je vois enfin la porte de notre maison.
Véritablement paniquée, je change ma petite avant de préparer le biberon. Elle est trempée des pieds à la tête. Quel cirque ces changes ! J’ai appris à la clinique : premièrement un grand carré plié en deux, en diagonale ; ensuite le petit triangle et enfin le petit carré plié en quatre, puis encore en deux. Et tout ça tient avec une épingle de sûreté. Cela fait bien épais entre les jambes d'un si petit bébé mais c'est ainsi que tout le monde fait.
Céline ne se fait pas prier pour avaler le biberon et se rendort dans mes bras. Son père va faire ce soir là au moins vingt fois le parcours chambre-salon. Il est heureux et cela se voit , mais terrorisé aussi et cela se voit aussi. Je suis obligée de le rassurer alors que moi-même ne le suis pas trop.
Les jours se succèdent ; tout va bien. Je vais même chercher Denis au boulot avec le landau. Quand nous remontons tous les trois de Mammouth jusqu'au village neuf, on peut dire que nous traversons deux kilomètres de bonheur.
Nos parents sont fous d'elle et nous, n'en parlons pas! On se demande même comment on a pu s'en passer. Son père n'arrête pas de me dire : « Hein ! T’as vu, il n'y en a pas deux comme la nôtre ; c'est vraiment la plus belle. »Il n'est pas le seul à en être convaincu et nous nous aimons encore plus fort, bien décidés à en refaire un autre plus tard, même deux, même trois. Quand on rentre sur Chaumontel, on rêve d'avoir une maison en L comme celle de Relent, avec quatre enfants dedans.
Un mois après la naissance de Céline, c'est Fabien qui arrive chez Joëlle Je ne m'y intéresse que bien modérément, mon attention étant retenue par ma fille. Joëlle sait faire elle, elle a l'expérience alors j'observe sans rien dire mais j'apprends à devenir une maman.....
Denis et moi sommes depuis trois mois Rue St Désiré, dans notre vilaine chambre mais comme nous allons avoir un bébé, nous nous apprêtons à déménager.
J'ai trouvé une petite maison au n° 5 de la rue du Midi. Une jolie petite maison partagée en deux appartements. Denis et moi allons occuper celui qui donne sur la cour, alors que celui qui est côté rue sera attribué à la fille du propriétaire qui lui, habite la maison voisine.
Nous trouvons l'appartement superbe, vu d'où l'on arrive. La porte d'entrée donne sur un long couloir qui dessert successivement à droite le salon-salle à manger, puis la cuisine et enfin la chambre. Au fond les toilettes et la salle de bain. C'est le luxe d'autant plus que la chambre est agrandie d'une alcôve où on pourra mettre notre petit.
Je trouve bien que le salon a un drôle de carrelage, une horreur à vrai dire : blanc cassé avec un genre de fer à cheval vert qui entoure la pièce. Quel goût !
Quant à la cuisine, elle ressemble plus à un couloir qu'à autre chose et cette fenêtre très haute au- dessus de l'évier, tu parles d'un pratique. Avec mon gros ventre, je ne peux même pas l'ouvrir.
Et j'en ai un peu marre d'être enceinte. On dirait une baleine. Denis est adorable ; souvent il me caresse le ventre et il me dit : " tu crois que ça va être quoi ? " Pour moi pas de doute, cela sera Anthony. Je lui ai déjà acheté une petite grenouillère bleu marine que j'ai pendue à la fenêtre de notre chambre et j'ai même tricoté des brassières : une bleue, une jaune pâle, une blanche et une rouge. Quand nous allons nous coucher, nous la regardons , cette petite chose pendue, et nous sommes tout contents. Pépé Julien a acheté le landau. Il est magnifique, beige et marron. Il attend notre petit dans l'alcôve. J'aimerais que ça arrive vite, car j'ai des lumbagos à répétitions depuis quatre mois et suis plus souvent tordue que droite. En plus je vais au boulot tous les jours à pied. Ce n'est pas très loin mais ça monte à pic la rue que l'on prend à droite du pont de Mornay et qui arrive au village neuf où j'habite. Je suis exténuée quand j'arrive enfin et pas question de prendre mon congé maternité maintenant, je me garde les jours pour après avec mon bébé. Et ce toubib qui ne respecte rien. J'ai eu ma dernière visite à 23 heures ; Denis a même eu le droit de regarder le foot à la télé dans une chambre inoccupée. Je n'en pouvais plus.
9 février 1977 : Aujourd’hui, j'ai 20 ans. Ma sœur Chantal et ma mère passent à la maison en allant faire les courses en ville. Je suis toute fière de leur montrer comme on est bien installé. J'ai acheté un bouquet de fleurs séchées, que je trouve magnifique et Denis a transformé un lit de camp en fauteuil, le seul que nous ayons. Il faut dire que nous n'avons pas beaucoup d'argent. Denis est agent d'assurance aux AGF depuis fin octobre et moi, j'ai le SMIG en tant que normalienne. En plus, il a fallu acheter plein de trucs pour le bébé. On n'est pas riche mais on est heureux
Elles m'offrent pour mon anniversaire un vase gris en grès. Il est beau ce vase, mais je suis déçue. Je n'ai que vingt ans, alors les vases !!!!!
Dimanche 27 février : Il fait froid. Hier matin encore je suis allée à l'école normale mais je ne peux plus boutonner ni mon manteau, ni mes bottes. J'ai eu froid. Aujourd’hui, il fait un temps superbe et je décide d'accompagner Denis au terrain de foot de Fletterans où joue Jean-Yves, mon beau -frère. Il doit faire une température nettement en dessous de zéro, car je frissonne, mais je me sens bien avec mon mari, qui semble très attentif à sa grosse épouse. Il me tient par la main et m'embrasse fréquemment.
Ce soir, nous rentrons à la maison, plus amoureux que jamais et nous nous installons au salon pour regarder la télé, mais je ne m'y attarde pas ; je me sens extrêmement fatiguée et j'ai mal aux reins. Je pars me coucher seule. Denis regarde le film.
Vingt deux heures : je me relève, j'ai vraiment mal aux reins et ai du mal de rester au lit mais je ne suis pas mieux debout et repars donc me coucher.
Vingt deux heures trente, j'appelle Denis. Il ne m'entend pas. Je me lève donc à nouveau et cette fois lui demande de m'emmener à la clinique. J'ai trop mal au dos, ce n'est pas normal.
J'emmène la valise avec moi ou plus exactement Denis porte la valise à la voiture car je suis courbée en deux, tant j'ai mal . Et nous partons. Je trouve le voyage fort long, et me tords dans tous les sens, alors que nous n'avons que la vile à traverser et que nous ne rencontrons pratiquement pas de voitures.
Vingt trois heures : Enfin prise en charge à la clinique La Ferté. Le sage – femme annonce à Denis que je vais rester en observation et qu'il peut donc rentrer chez nous. Elle me fait une piqûre de je ne sais quoi en me disant que je fais sans doute de l'infection urinaire, et me donne des médicaments. Peu de temps après, je dors dans une chambre, pas loin d'elle.
Dix heures du matin : réveil avec un horrible mal de dos. Je sonne . La sage – femme a changé. Elle m'examine et là me dit : « Vite en salle d'accouchement, j'appelle le médecin. » Elle m'aide à monter sur une table peu large et me met les pieds dans les étriers. J'ai toujours mal aux reins , pire que jamais .
Il est dix heures quinze. Le médecin arrive et Céline aussi.
Trois contractions en tout et pour tout et voici mon bébé. Ah ! Ça, ce n'est pas un garçon, mais qu'est ce que je m'en fiche. Je ne l'aperçois que quelques secondes, en passant mais je la trouve magnifique. On me demande son prénom. Bien embêtée!On n'a pas arrêté le choix pour une fille, juste envisagé celui de Céline, alors j'annonce : « Ce sera Céline »
Une chose me contrarie fort. Je ne peux pas prévenir Denis, il est à un entretien d'embauche pour une place de comptable.
J'attends qu'il arrive avec impatience. Dès qu'il passe le seuil de la porte, avec son « salut » suivi de « je suis pris » je réponds « et en plus, tu es papa, Céline est arrivée ! » Il en est tout retourné, veut la voir tout de suite mais il va devoir attendre quinze heures pour qu'enfin notre fille nous soit confiée. Elle arrive dans un petit berceau de la maternité, toute emmaillotée. Il n'y a que la tête qui dépasse de tout ce paquet de langes. On dirait une momie, mais une bien jolie momie. Elle a les yeux fermés et quand elle pleure, on dirait un chat. Un tout petit miaulement, pas vigoureux du tout. Son père et moi la regardons, sans arrêt, tout bêtes. Lui bave déjà d'admiration et moi, je me sens bizarre. Une grosse bouffée de bonheur !
Les jours qui suivent se ressemblent tous. La famille défile voir la petite nouvelle. Mon père dit en la voyant : « hou ! Y 'll est brav ! » Je suis très fière. Elle a un superbe teint mat, une petite jaunisse m'a t'on dit. Chantal apporte un cache- brassière vert clair avec des minuscules collants, Monique une jolie robe blanc cassé avec une cravate et plein d'autres cadeaux. Même Michel Meusienne, le frère de ma copine Béa arrive avec un énorme bouquet de roses rouges ; il doit ignorer le langage des fleurs..
Enfin le dernier jour de maternité! J'ai essayé d'allaiter mais ça s'est mal passé. Crevasses immédiates ! Tout arrêté ! Je dois attendre que Denis sorte du travail pour rentrer chez nous. Céline a faim, mais on ne nous donne rien ; Nous devrions déjà être parties et nous attendons dans un couloir du sous – sol de la clinique.
Habillée de la petite grenouillère bleue et emmitouflée dans un nid d'ange, elle se manifeste bruyamment. Les miaulements du premier jour ont fortement gagné en intensité et en puissance . Son père arrive au pas de course, peut être pour la première fois de sa vie, car Denis est un nonchalant. Nous devons encore passer à la pharmacie prendre le nécessaire et Céline pleure toujours. C'est avec soulagement que je vois enfin la porte de notre maison.
Véritablement paniquée, je change ma petite avant de préparer le biberon. Elle est trempée des pieds à la tête. Quel cirque ces changes ! J’ai appris à la clinique : premièrement un grand carré plié en deux, en diagonale ; ensuite le petit triangle et enfin le petit carré plié en quatre, puis encore en deux. Et tout ça tient avec une épingle de sûreté. Cela fait bien épais entre les jambes d'un si petit bébé mais c'est ainsi que tout le monde fait.
Céline ne se fait pas prier pour avaler le biberon et se rendort dans mes bras. Son père va faire ce soir là au moins vingt fois le parcours chambre-salon. Il est heureux et cela se voit , mais terrorisé aussi et cela se voit aussi. Je suis obligée de le rassurer alors que moi-même ne le suis pas trop.
Les jours se succèdent ; tout va bien. Je vais même chercher Denis au boulot avec le landau. Quand nous remontons tous les trois de Mammouth jusqu'au village neuf, on peut dire que nous traversons deux kilomètres de bonheur.
Nos parents sont fous d'elle et nous, n'en parlons pas! On se demande même comment on a pu s'en passer. Son père n'arrête pas de me dire : « Hein ! T’as vu, il n'y en a pas deux comme la nôtre ; c'est vraiment la plus belle. »Il n'est pas le seul à en être convaincu et nous nous aimons encore plus fort, bien décidés à en refaire un autre plus tard, même deux, même trois. Quand on rentre sur Chaumontel, on rêve d'avoir une maison en L comme celle de Relent, avec quatre enfants dedans.
Un mois après la naissance de Céline, c'est Fabien qui arrive chez Joëlle Je ne m'y intéresse que bien modérément, mon attention étant retenue par ma fille. Joëlle sait faire elle, elle a l'expérience alors j'observe sans rien dire mais j'apprends à devenir une maman.....

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