l' histoire de claude : juste sourire

Pas toujours facile la vie ! Il faut pourtant continuer de sourire...JUSTE SOURIRE

vendredi, novembre 10, 2006

Ma révolution : Année 1988 – 1989

Céline est au collège. Devenue bien difficile ma Célinou ! A présent elle conteste l’autorité, manifeste son désaccord sèchement, voir plus ; enfin elle commence sa crise d’adolescence fort tôt et exaspérée, surchargée de boulot, il m’arrive fréquemment de craquer après une prise de tête avec ma fille aînée.
Emilie, elle, est en CE1 à Tasmaniens, après un début de scolarité très performant, à Villars – Bobet. Je ne parie pas qu’il va en être de même dans cette école là, car je n’ai aucune confiance dans le jugement et les compétences du collègue précédent, à un tel point que je me suis chargée d’apprendre à lire à ma fille avant de l'envoyer dans sa classe, pendant les vacances scolaires de l’année précédente, jugeant que lui en était parfaitement incapable.
Chaque matin, je dépose ma fille à Tasmaniens, en passant et discute avec mon collègue, Monsieur Jean – Claude, qui au fil du temps est parvenu à m’apprivoiser, en se montrant sous un autre jour que celui que m’avait décrit sa précédente concubine. En fait, j’ai bien révisé mon jugement et le trouve à présent plein de qualités ajoutées à un charme certain. Pour être tout à fait honnête, il me trotte par la tête des idées non avouables à son égard. Lui reste totalement imperturbable, ne changeant en rien son comportement face à ma nouvelle façon d’être, car j’ai bien changé à son contact. Je ne vais pas jusqu’à minauder mais suis d’une sympathie incontestable, me gardant bien de le contrarier quand il émet un avis, essayant par tous les moyens susceptibles de lui plaire de le séduire.
Françoise Faure, l'accompagnatrice des enfants au sein du bus, assiste à ces moments de drague cachée chaque jour et, comme c’est une femme, elle doit avoir deviné ce qui se passe et s’en amuser discrètement. Par ailleurs, c’est aussi la maman de mimiss, la meilleure copine de Célinou et de ce fait nous nous côtoyons un peu, avec plaisir, en dehors de l’école, mais jamais nous n’échangeons sur le sujet "Jean – Claude"
Chaque matin, elle passe donc en même temps que moi dans la classe des grands, histoire de saluer mon collègue et nous discutons gaiement tous les trois un petit moment avant de partir faire notre travail respectif. Françoise et Jean – Claude s’entendent bien tous les deux ; ils se connaissent depuis longtemps, ayant fait des colonies ensemble et je crois que le cher monsieur la trouve assez charmante, mais Françoise est mariée et aime son époux et lui a toujours sa maîtresse attitrée la belle Marie – Lou. Un peu mon style cette femme là ; elle porte tout comme moi des jupes de gitanes. Une contestataire à priori !
Le premier trimestre s’écoule dans cette ambiance ; Les facilités pour apprendre à l’école d'Émilie sont confirmées par son nouveau maître qui me dit qu’elle suit les traces de sa sœur, Célinou ayant déjà été une brillante élève chez lui, quelques années auparavant.
Le second trimestre démarre de la même manière ; le concours de tarots a lieu comme chaque année, mais à présent je prends la responsabilité totale des repas et de la gestion de la caisse, au détriment d’une maman qui ne vit pas très bien la chose. Il faut dire que Martine, la mère en question, n’en peut plus dès qu’elle se trouve en compagnie de Jean – Claude. Elle minaude, à en être ridicule. De toute façon, celle – ci, je ne l’aime pas ; je la connais depuis longtemps, du temps où elle était la fiancée d’un copain de Denis, qu’elle a d’ailleurs épousé. Le pauvre ! A cette époque, c’était une vraie « chieuse » jamais contente, merdeuse, exigeante. Dieu qu’elle était pénible ! Elle n’a pas beaucoup changé ; elle veut toujours tout commander mais à présent la donne n'est plus la même : c’est moi l’instit, pas elle. Enfin nous n’évoquons jamais les années passées et essayons tant bien que mal de nous supporter, tout en sachant l’une comme l’autre combien nous nous appréciions.
J’ai retrouvé deux autres copains de Denis comme parents, les deux frères Guetton dont un a épousé la sœur de Jean – Yves Meraux et dont j’ai la petite à l’école. Aie ! Pas facile à vivre cette situation. Lui surtout est pénible et me donne régulièrement des nouvelles de son beau – frère sans que je lui demande rien et ça peut paraître bizarre, mais quand il me raconte combien Jean – Yves est heureux, ça me donne mal au ventre. Ça me vrille l’estomac. Je crois que je suis jalouse. Il faut dire que je ne me sens pas bien avec Jean – Michel maintenant. Je m’ennuie. Lui court après l’argent, il est vrai que nous en avons besoin pour payer la maison mais pas au point d’être obligés de travailler jour et nuit, comme il le fait. Sa nouvelle lubie : réparer des motos chez un copain à Montmorot. En fait, c’est une passion pour lui, et je ne vois jamais l'argent qu'il est censé gagner. La moto fait partie de sa vie depuis des années et à notre mariage, contre mon avis d'ailleurs, il a vendu la sienne pour faire de l’argent. L’obsession de Jean – Michel est le fric, le fric, toujours le fric. Il faut reconnaître qu’il est toujours aussi généreux avec moi, mais je ne suis malheureusement pour lui pas à vendre. Je collectionne les bagues, les étains et autres choses tout aussi utiles, mais par contre passe les trois quarts de mon temps seule avec mes enfants. J’essaie bien d’expliquer à mon mari que cela ne peut pas durer comme ça, lui explique clairement que je ne vais pas supporter ça très longtemps, que je vais finir par le tromper, mais il ne comprend pas et continue donc de vivre comme lorsqu’il était célibataire, avec tout à fait bonne conscience puisqu’il le fait pour moi, se dit –il.
Heureusement, je me suis faite une amie à Sellage ; Il s’agit d’une femme de sensiblement le même âge que moi, veuve tout comme je l’ai été et qui a, elle aussi, trois enfants. Elle garde des enfants de la Dass et se trouve donc d’année en année parent d’élève dans ma classe.
Très souvent, Marie – Annick vient me tenir compagnie le dimanche chez moi et nous passons de très bons moments à discuter de tout, à nous balader aussi et à parler de mes problèmes avec mon mari et de ce que je ressens pour le beau Jean – Claude. Il occupe nos esprits, celui – ci. On se pose plein de questions à son égard Il y a de quoi, ce monsieur qui ne me regarde même pas doit avoir des problèmes. En tout cas, ce n’est pas normal. On imagine tout, même le pire. Il est peut être bisexuel, vu qu’il a l’air copain autant avec le mari de sa maîtresse qu’avec elle, voir même homo. Je suis montée chez lui, boire un café et j’ai vu qu’il avait un fouet, venant de Jérusalem m’a – t - il dit ; pour Marie et moi, dont l’imagination est débordante, il devient un sadique et on s’invente des histoires. Quel délire ! Comme nous rions, toutes les deux avec nos idioties en promenant nos gosses !
Pendant ce temps là, Jean – Michel ne pense plus guère à moi et Jean – Claude pas du tout
Pourtant, lors des derniers tarots des écoles Sarah, sa fille n'a pas cessé de lui parler de moi en termes élogieux. Cela a été le déclic chez lui et enfin il m'a regardée et bien vite j’ai changé de statut. De collègue appréciée, je suis devenue femme qui ne lui déplaît pas, loin de là..... Mais il ne se déclare pas, enfin pas tout de suite. Je dois attendre deux mois, jusqu'à ce soir là, à l'approche des vacances de Pâques, pour qu'enfin...........
Il est 17 heures, l'école vient de se terminer et je rejoins Jean – Claude pour boire le café avec lui, comme j'en ai pris l'habitude durant ces derniers mois. Audrey et sa sœur jouent ensemble dans la cour d'école sous la surveillance d'une employée communale.
Ce soir, pour retrouver l'homme que j'aime, car il faut bien le reconnaître, au fil des jours l'attirance que j'avais pour lui est devenue un amour fou que j'ai bien du mal a dissimuler, je disais donc ce soir là, je dois traverser un grand débarras qui relie son entrée d'appartement à la mairie où il travaille. En effet, il est secrétaire de mairie en plus d'instituteur. Il m'accueille avec un immense sourire, qui me trouble, on ne peut plus, auquel je réponds évidemment et me propose donc de monter boire le café comme à l'accoutumée. Je le précède donc et m'engage dans le fameux passage, bien encombré de tas de choses, mais surtout très peu éclairé. Est – ce la pénombre ? Est - ce la promiscuité de nos deux corps ? Est – ce le fait d'attendre depuis trop longtemps ? Je ne sais. Toujours est- il que j'entends Jean – Claude, le timbre de voix plus grave que jamais, me susurrer très chaleureusement en mettant ses mains sur mes hanches juste un «Oh ! Claude ! » Je suis interloquée car je ne m'y attends pas du tout. Je suis arrivée à me convaincre enfin que je ne l'intéresse pas et voilà que..... Je n'ose le croire. J'ai le cœur qui bat à cent à l'heure, les jambes en coton mais je reprends bien vite ma progression dans le débarras sans me retourner et sans prononcer le moindre mot. Toujours devant lui, je gravis les escaliers qui conduisent à son appartement, parviens encore jusqu'à sa cuisine, lui toujours sur mes talons mais là, il m'attrape par le bras, me retourne vers lui avec douceur mais fermeté, me regarde intensément, me colle contre lui et m'embrasse fougueusement. Ce baiser est un des plus beaux de ma vie. Je l'attends depuis si longtemps que j'en reste toute bête Quand il se contrôle à nouveau, très vite d'ailleurs, je suis moi, si émue que je n'ose même pas le regarder et je dis juste : « eh ! bien ! ??? » . Lui se tait.
Nous nous asseyons alors à table comme si de rien n'était.
Je suis mariée, cela me pose un sérieux problème mais il semble qu’à lui aussi.
N'en parlant pas, cet événement peut être considéré comme un petit dérapage, aussi nous nous taisons.
Les soirs suivants, rien ne se passe. Chaque jour, j'espère tout en le craignant que mon amoureux va récidiver, mais rien.
Enfin, il craque et à nouveau m'embrasse avec la même ardeur.
Cette fois – ci, nous en parlons et il est bien entendu que si l'un des deux est amoureux, vu ma situation, ce dernier doit le dire et une séparation s'impose alors avant un quelconque début. Entre nous, il ne peut s'agir que d'une attirance purement physique et surtout de rien d'autre.
Bien sûr ! Il faudrait qu'il en soit ainsi. J'ai deux petites filles qui ont besoin de leur papa et une plus grande qui a déjà été assez perturbée par l'arrivée d'un beau – père sans que je lui apporte des complications.
Mais je l'aime, mon beau brun de Tasmaniens et je me tais car déjà je ne veux plus le perdre ; je ne lui dis donc pas que je l'aime follement. Je l'aime depuis des mois, peut être même des années. Il obsède mes jours et mes nuits ; je ne rêve que d'être à lui, avec lui. Dès que je ne le vois plus, il me manque. Mais je dois me taire et me tais.
Jean – Claude prend alors l'habitude de me rendre visite à la maison, quand mon époux est au travail. Nous passons des moments merveilleux, à échanger nos points de vue sur tout. Nous n'avons toujours pas fait l'amour. Jean – Claude est réticent à me prendre comme maîtresse, car il sent que cela va provoquer la cassure de ma famille et moi je le pousse, je le tire vers moi. J'en suis complètement dépendante à présent. Je ne peux pas envisager de vivre sans lui.
Je pars malgré tout, en famille dans le midi, passer dix jours de vacances avec ma sœur aînée et sa fille, chez des gens de Tasmaniens qui ont un appartement à Cavalaire.
Quelle horreur ! Jean – Claude me manque horriblement et je ne pense qu'à rentrer. De plus mon père doit être dialysé pour la première fois pendant mon absence. Je vis donc très très mal ce séjour méditerranéen.
A mon retour je finis enfin par être à lui, ce qui renforce encore l'amour que j'éprouve à son égard.
J'ai bien vite très mauvaise conscience, et me sens obligée de jouer franc jeu avec mon époux. Je lui annonce donc ce qu'il en est lors des vacances de Toussaint et lui demande de bien vouloir divorcer.
Jean – Michel est anéanti. Quoique je lui ai laissé entendre des mois auparavant de ce qui allait se passer si je continuais d'être toujours seule, il tombe des nues. Pour lui, c'est un raz de marée, un tremblement de terre le néant. Il ne veut plus vivre, ne dort plus, ne mange plus, ne parle plus, mais refuse catégoriquement le divorce. Il se met à maigrir, de façon impressionnante, use tous les procédés pour me reconquérir, même les plus ridicules, rien n’y fait. J'aimerais pouvoir être comme il veut mais je ne peux pas. Jean – Claude est devenue une véritable drogue. Je vis une passion dévorante. Je ne pense même plus qu'à ça et plus Jean – Michel essaie de se rapprocher, plus il me gêne, me dérange, m'envahit et donc plus je le déteste et moins je le supporte. Nous faisons bien sûr chambre à part dans notre maison, mais avons même du mal à nous y rencontrer. Bon an, mal an, nous nous installons quand même dans cette nouvelle vie, mon mari dans un silence buté et moi passant de l'euphorie quand je suis dans les bras de mon amant au cauchemar quand je rentre chez moi.
Chaque soir, l'idée de rentrer chez moi me donne mal au ventre et à chaque vacance scolaire, je me retrouve clouée au lit avec un lumbago. Mon médecin me dit que c'est le stress qui provoque ces crispations et ces douleurs. Il me donne des médicaments mais me conseille de régler mon problème au plus vite. Je ne lui raconte rien et continue de vivre mal, Jean – Claude me conseillant de prendre patience.....